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De Leh à Srinagar.

Après un premier faux départ, le bus n’étant pas arrivé à Leh car pas partis de Srinagar, on entame une longue route. Enfin, on part après avoir chargé un nombre incroyable de valises et sacs de marchandises sur le toit du bus. On s’arrête après une heure de route pour permettre au chauffeur et à certains passagers d’aller dans un gurdwara, l’un d’eux nous ramène un bout de friandises, une « bénédiction de Dieu ». Heureusement, vu la route qui nous attend…

Une très belle route qui sillonne dans les montagnes. On dépasse Lamayuru, accroché à la roche et perdu dans un magnifique canyon. On continue de longer la rivière et le bord de la route tout en restant au-dessus des 3000m. Vers 2h du matin, on s’arrête, le col est fermé pour la nuit. On passe donc la nuit dans le bus, au pied d’un glacier. Il fait bien froid.

Vers 5h on repart après un « check passport » et un formulaire remplit à la lumière d’une lampe torche. Monter vers le col est relativement simple, mais en redescendre est une autre histoire. La piste est vertigineuse et étroite. Les virages semblent sans fin, on traverse quelques gros ruisseaux qui n’arrange en rien l’état du chemin. Bien sûr les 1000m de dénivelé du ravin explique la fermeture du col la nuit. Heureusement, on était dans les premiers à passer; derrière nous avancent des dizaines de camions. La paysage reste bien sûr superbe, la vallée est verte grâce à la rivière qui borde notre route.

L’arrivée à Srinagar est hallucinante. Il nous reste encore un bon quart d’heure avant d’atteindre la station de bus, pourtant des démarcheurs montent déjà dans le bus pour essayer de vendre leur guesthouse et houseboat. Et bien sûr, quand on descend du bus, ils y en a encore plus qui se mêlent aux conducteurs de tuktuk. Malgré notre insistance à refuser, l’un d’entre eux marche avec nous pendant presque une heure pour tenter de nous ramener vers sa guesthouse. Sans succès.

Srinagar.
La ville est à majorité musulmane, on le découvrira surtout la nuit avec des appels à la prières plus ou moins appréciés: on est en plein ramadan, les locaux vivent en soirée et tôt le matin, le reste du temps ils comatent à l’ombre. L’attraction de la ville est son lac Dal, on décide de monter la colline pour en avoir une meilleure vue.
Six kilomètres pour atteindre le petit temple dédié à Shiva qui culmine en haut de la colline. Malgré nos tongs, on décide de couper les lacets en passant par la forêt pour raccourcir le trajet. La première fois, pas trop de soucis. La deuxième sera bien plus longue, glissante et pentue. Mais on économise un bon kilomètre. Arrivé en haut, on s’élance dans les 300 marches qui mènent au temple. Belle vue de la ville et du lac.
On découvre un ancien chemin pour redescendre plus facilement que par nos raccourcis et plus tranquillement que sur la route, et beaucoup plus rapidement. On part du petit parking au sommet, passant les barbelés à terre. Les aigles nous scrutent. On débouche sur un carrousel et au niveau d’un lacet. Juste en face de nous se trouve la suite du chemin qui nous conduit à nouveau jusqu’à la route, et à un autre chemin. On se retrouve presque en bas, au niveau du deuxième virage. On finit la descente sur la route avant de rejoindre l’hôtel. 20 minutes de descente pour 1h45 de montée !

On avait prévu de partir le lendemain pour Jammu, mais les bus ont été réquisitionnés par l’armée. On part finalement le sur-lendemain dans un bus direct pour Delhi, celui de Jammu est encore une fois annulé.

A savoir :
– Le bus Leh-Srinagar met 19h. Il part de Leh à 14h et coûte 670 roupies. Les billets sont à réserver au guichet.
– A Srinagar Mount Inn Hotel a des chambres doubles à partir de 500 roupies. Le gérant est très sympathique.
– Il est interdit de prendre des photos du temple.

Leh et Markha Valley.

Leh est une ville paisible et calme. Surmontée d’un palais et d’un petit château, elle est surtout connue comme point de départ de multiples treks. On reste deux jours à s’acclimater, même si le trajet en bus a déjà beaucoup aidé. On fait le tour des agences de trekking pour comparer leurs offres.

On s’élance à la conquête du palais accroché sur la montagne, un trajet dans les ruelles heureusement indiqué par des petites pancartes. Puis on continu de monter vers le château Tsemo. La vue est magnifique d’ici, et il nous tarde d’aller nous aventurer dans les montagnes que l’on peut admirer.

 

Jour 1, De Zinchen à Yurutse. 8,5 km en 3h30. 821m de dénivelé positif.
On rejoint Zinchen à 3378m dans le parc national de haute altitude d’Hemis après près d’une heure en voiture depuis Leh. Puis on démarre notre marche vers Yurutse. On suit la rivière dans une gorge. Au bout de 45min, notre guide, Sid, demande déjà une pause à bout de souffle. On le laissera ouvrir la marche pour le reste de la journée.

Arrivé au confluent de trois sentiers, on découvre une premier tea tent. A gauche, le sentier mène aux neufs maisons du village de Rumbak. A droite, vers l’unique de Yurutse. On s’arrête en chemin pour observer un troupeau de « blue sheep », des chèvres de montagnes. Elles fuient en entendant le tintement des clochettes qui pendent au cou de chevaux qui se rapprochent.

On arrive pour l’heure du déjeuner à Yurutse où l’on nous accueille avec du milk tea. Ce sera dorénavant notre boisson fétiche. Après un peu de repos, on part explorer le lit de la rivière, découvrant de la neige et un essoufflement inattendu à 4173m. On s’assoit à flanc de montagne pour observer le paysage. D’ici, on peut voir des marmottes  sur la bute opposée. Quatre blue sheep nous font une démonstration de leurs talents d’escalade.

Jour 2, de Yurutse à Skyu. 17 km en 6h45. 821m de dénivelé positif. 1678 de dénivelé négatif.
Après un petit déjeuner de milk tea et de chapatis, on s’élance vers le col de Ganda. Il est 7h30 du matin. Une petite demi-heure de marche nous conduit jusqu’au camp de base du col où se dresse une autre tea tent. C’est là où campent les randonneurs préférant faire l’expérience en tente plutôt qu’en homestays.

Les chevaux sont chargés à nouveau des tentes, ustensiles de cuisine, nourriture, … des campeurs. Et pourtant ils nous doublent aisément dans la montée. L’ascension est rude et longue, nos pas se raccourcissent et notre souffle s’accélère. Cette fois, notre guide progresse facilement et finit par nous dépasser pour nous attendre au sommet pendant les quelques minutes nécessaires pour qu’on le rejoigne. Il nous faudra 1h30 depuis le camp de base pour atteindre le col à 4900m. Là, alors qu’Anthony s’assoit déjà pour reprendre son souffle, Marie part jusqu’au pic qui surmonte le col et qui se trouve à 5000m d’altitude.

La descente jusqu’à Skyu sera longue.On progresse rapidement, et après la pause déjeuner, on s’enfonce dans un canyon. Il se rétrécit au fur et à mesure de notre progression. Il n’y a plus d’ombre, le ruisseau disparait. On descend dans un canyon vide et désertique jusqu’à la ville de Skyu à 3342m, et la vallée de Markha.

Jour 3, de Skyu à Markha. 19km en 6h30, 629m de dénivelé positif, 213m de dénivelé négatif.
Une longue journée dans la vallée en perspective. Après l’orage de la soirée de la veille, l’air est un peu plus frais. Le sentier nous fait longer le flanc d’une montagne, nous soulevant quelques fois pour nous offrir une belle vue des environs qui nous font un peu penser au Grand Canyon.

On dépasse des fermes abandonnées qui accueillent les bergers locaux de temps en temps. Des habitations de pierres au beau milieu de nulle part. On progresse tranquillement jusqu’à Markha à 3758m d’altitude.

Jour 4, de Markha à Hanker. 11 km en 3h45, 265m de dénivelé positif.
Après seulement une petite heure de marche dans la vallée, on s’arrête en face de la rivière pour retirer nos chaussures et chaussettes. La pluie a gonflé la rivière qui à emporté un bout du pont, on est obligé de traverser la rivière à pied. L’eau est très froide, mais heureusement ne monte que jusqu’à nos genoux et le courant n’est pas trop fort.

On passera la journée à longer la rivière, les autres ponts de fortune tiennent encore. La paysage change un peu, la vallée se resserre et la végétation disparait peu à peu. Un monastère veille sur les lieux, perché en haut d’une montagne.

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On aperçoit enfin le pic de Kangyatse qui culmine à 6400m d’altitude. Près de Hanker, plus haut village de la vallée à 4200m, se trouve les ruines d’un ancien château. Après un peu de repos, on monte jusqu’aux anciennes pierres; mais impossible de rentrer dans le vestige du château tant le tout semble instable et impraticable. La vue est superbe sur les montagnes alentours.

 

Jour 5, de Hanker à Nyimaling. 9 km en 4h. 800m de dénivelé positif.
Avant-dernier jour déjà de notre trek. On quitte rapidement la vallée de Markha pour s’élever vers le campement de Nyimaling. Le sentier monte jusque deux petits lacs d’altitude dans lesquels se reflète Kangyatse. Les yaks se reposent près de l’eau, on les imite pour profiter du magnifique paysage.

Le chemin est plus simple ensuite, moins essoufflant. En compagnie d’une multitude de souris de l’Himalaya qui s’enfuit dans tout les sens à notre approche, on continue vers Nyimaling à 4800m.

Un peu de repos est fortement apprécié, près des tentes coule une rivière translucide qui ajoute encore un peu plus de charme à l’endroit. On décide ensuite de monter en haut de la bute qui surmonte le camp pour avoir une meilleure vue. Kangyatse nous accueille au sommet en compagnie de chevaux, derrière nous serpente notre route de demain.

 

Jour 6, de Nyimaling à Shang Sumdo. 14,5 km en 6h40. 500m de dénivelé positif, 1660m de dénivelé négatif.
On s’élance vers le col de Kongmaru, le plus dur sera de monter sur la première bute. Souffle court, pas lourds, on avance doucement. On respire un peu en se rapprochant de la dernière montée.

Et nous voici ensuite à 5200m, entourés de montagnes et de drapeaux de prières. On attend les autres randonneurs, profitant de notre avance pour faire une pause. Puis on entame la descente.

Le sentier est très raide, on descend vite. Quelques grelons tombent, on est encore haut. On rejoint une nouvell gorge, progressant dans le lit de la rivière. Pour éviter le détour imposé par le sentier, on emprunte la voie des locaux. La rivière est ercouverte d’une couche de neige sur laquelle on marche jusqu’à tomber sur un tobogan naturel, on glisse tout sourire dans notre raccourcit.

Les grêlons sont remplacés par quelques gouttes de pluie. La gorge est étroite, s’élargissant au fur et à mesure de notre progression. On croise quelques petits villages, et enfin on parvient à notre destination.

Notre avis sur le trek de Makha en homestay :
Un superbe trek accessible à tous, trois journées un peu plus fatigantes que les autres (2,3 et 6). Les locaux sont très accueillants et les repas sont très bons. Il est possible de faire le trek sans guide, le sentier est bien visible; quelques connaissances de la montagne demeurent nécessaires. Mais on ne regrette pas du tout d’avoir prit un guide, ce qui nous a permit d’avoir beaucoup d’explications sur un bon nombre de sujets.

A savoir :
– Le trek est également possible en camping, les journées sont moins longues. Mais il faut engager un cuisinier et des chevaux pour transporter le matériel.
– Possibilité d’engager également un porteur.
– Chaque homestay facture 1,000 roupies la nuit par personne. Comprenant le dîner, petit-déjeuner et un pique-nique pour le midi. Le camp de Nyimaling facture 1,200 roupies (prix illégal).
– Il y a des Tea Tents le long du sentier qui proposent boissons, barres chocolatées, chips et noodles.
– On est passé par l’agence IBEX pour notre trek, la seule agence où l’on peut payer directement dans les homestays. 4,500 roupies de transports depuis et jusqu’à Leh (par groupe), 9,000 roupies pour le guide (par groupe). Soit 11,950 roupies par personne pour un groupe de deux.
– Les autres agences proposent des prix incluant tout. COAL 19,000 roupies par personne. MOUNTAINBREATH 13,775 par personne. HAYAN 16,775 par personne pour un jour de plus.  
– A Leh, il y a énormément de guesthouses. Atesha Guesthouse propose des chambres doubles à partir de 500 roupies, plus propres qu’à Ti-Sei. Lit en dortoir à 300 roupies à Juniper guesthouse. La wifi est fluctuante et lente dans toute la ville.
– L’entrée au city palace de Leh est de 200 roupies.

De Bikaner à Leh.

Après dix heures d’attente à la gare de Bikaner, notre train arrive pour nous emmener jusqu’à Delhi où l’on débarque le lendemain matin. On rejoint la gare routière en métro et à pieds, de nouveau il faut attendre une longue journée que le bus ne parte.

On se rend direction Manali à bord d’un bus de ville. Le début de la route se fait sur l’autoroute, puis aux environs de Chandigarh la route devient montagneuse. Impossible de dormir tant il y a de secousses qui nous projettent dans tout les sens. La nuit fut donc bien courte, illuminée d’un bel orage. On fait une longue pause en début de matinée, le temps de sortir du bus pour se dégourdir un peu les jambes et de profiter de la fraicheur retrouvée. La fin du trajet est longue jusqu’à Manali, énormément de stops.

On fait une pause d’une nuit à Manali, les bus pour Keylong, prochaine étape de notre aventure sur les routes ne partent que le matin. Chargés de nos gros sacs, fatigués mais contents d’être enfin arrivés, on marche jusqu’au vieux Manali où se trouvent toutes les auberges abordables. Le vieux quartier est remplit de touristes, et peu de guesthouses ont encore de la place.

On se rend à la gare routière le lendemain matin, et on se fraye un chemin dans le bus bondé. Première journée de bus, 115km, 7h. On s’élance vers le col de Rohtang à 3980m .Il y a énormément de monde sur la route, pleins de petites Suzuki blanches qui montent et descendent les nombreux virages. A Manali, le long de la route des échoppes louent de viellent combinaisons de ski démodées, celles qu’on a tous porté un jour, les ultra-colorées et kitsch. Arrivés en haut du col, on comprend mieux. Les touristes locaux, habillés en skieurs des années 90 sont assis dans la neige, tout sourire. C’est l’attraction du col, poser son cul dans la neige pendant quelques heures.

Après ce col, le bus se vide ! Youpi, on ne peut toujours pas s’asseoir. La route est vide également, les Suzuki s’arrêtent au sommet. Le goudron aussi s’est arrêté. On redescend dans la vallée jusqu’à longer la rivière. Les montagnes nous entourent. Sur la « route », les travailleurs s’acharnent à casser des cailloux avec de rudimentaires outils pour tenter de réparer les nids de poule. La pluie tombe, ils se cachent sous de gros rochers qui menacent de tomber.

Keylong, notre destination de la journée se trouve à 3350m. On y parvient en fin d’après-midi. En face de nous se dresse une immense montagne enneigée, ce sera pour demain.

Un demain qui arrive un peu trop tôt. Départ à 5h du matin de Keylong, destination Leh. On est assit tout à l’arrière du bus, pour bien sentir les nids de poules. Le bus crache de la fumée noire en quasi-permanence, on bloque la fenêtre avec un bout de carton pour qu’elle évite de s’ouvrir. 50km plus loin, on est déjà à 5,000m d’altitude.

On est dans les sommets enneigées. La neige vient courir jusqu’à sur la route et recouvre les alentours. Magnifique. On redescend à nouveau, sans jamais repasser la barre des 4000m. Il y a des restaurants et petits magasins en pleins milieu de nulle part, sous des tentes en plastiques de couleurs criardes. C’est les endroits de nos pauses, ces petits regroupements de vie dans un rien environnant. L’occasion de se dégourdir les jambes et d’accorder quelques selfies aux conducteurs des camions qui passent par là. Il y a aussi de nombreuses pauses « check passeports » pour surveiller qu’on ne se « perde » pas où il ne faudrait pas.

On quitte la neige derrière nous, mais l’altitude demeure tout aussi élevée. C’est enfin l’heure de la pause repas a 4600m. Un bon Rice Dhal Veg, autrement dit riz, patates et lentilles. On repart alors qu’on a fait tout juste la moitié du voyage KeylongLeh, il est déjà 13h passée, il nous reste 176km.

On s’attaque au plus haut col carrossable du pays, second du monde. Mais quand même, 5300m c’est pas mal ! L’altitude se ressent à différent niveau suivant les gens, Marie a un léger mal de tête, Anthony a le cerveau qui va exploser et envie de vomir son succulent Dhal.

On est dans un paysage désertique, sablonneux et d’un autre univers. Les montagnes de « sables » sont sculptées de monolithes improbables. Des petits regroupements, villages, de formations s’accrochent invraisemblablement aux montagnes. Une antique rivière a sculpté un immense canyon qui court près de la route, et les montagnes ont bien soufferts des glaciers.  

Après le col, on retrouve le goudron ! La route est neuve, « presque » lisse, mais avec les virages impossible de se reposer. Surtout qu’on est plus serré que dans un avion Easy-Jet. Puis enfin, on en a terminé de la montagne. La route est « plate » et on file vers Leh.

La route, quand elle n’était pas neuve, avait des allures de chemin. Chemin entrecoupé de petites rivières, qui surmonte des pentes vertigineuses et dont le bord frôle les pneus déchiquetés d’un bus confiant qui file sur les graviers. On a croisé nombreux camions et voitures, sans trop savoir comment. Il faut faire confiance au chauffeur. Nous voici donc arrivés sains et saufs à Leh, 3500m d’altitude.

A savoir :
– De la gare S Rohila, il suffit de marcher une dizaine de minutes jusqu’à la station de Shastri Nagar. La gare routière se trouve à l’arrêt Kashmir Gate. 12 roupies de trajet.
– La gare routière est très bien pour patienter, au frais.
– Le guichet pour Manali est le numéro 20 à l’étage pour acheter son billet en avance. Le 19 sur les quais pour acheter le billet du prochain bus  qui part. 660 roupies.
– Les guesthouses les moins chères sont dans le Old Manali, à 30min à pieds de la gare routière. Chambres doubles aux alentours de 600 roupies.
– Les bus pour Keylong partent toutes les heures de 6h à 10h. 173 roupies à payer dans le bus.
– A Keylong, il y a des auberges autour de la gare routière. 500 roupies la chambre double, mais il y a peu de chambres à ce prix là.
– Un seul bus pour Leh à 5h du matin, billet à acheter au guichet, 540 roupies.