L’Inde, découverte d’un pays aux deux visages.

L’Inde, d’après la plupart des touristes rencontrés sur la route, ou qui ont narré leurs aventures détestables sur la toile, c’est sale, malhonnête, une arnaque, … Bref, un pays à éviter à moins d’aimer se plaindre.
L’Inde, d’après quelques voyageurs, c’est un pays magnifique remplit de gens chaleureux et souriants.
Par touristes, j’entends les gens qui passent 2-3 semaines dans le pays et se limitent souvent au Rajasthan avant de rentrer de leur vacances. Par voyageurs, j’entends les gens qui ont quitté leur confort pour partir à l’aventure pendant plusieurs mois, voir années.
Le problème c’est qu’on entend plus souvent les touristes que les voyageurs.
On tombe dans la catégorie des voyageurs. Et nous, on a adoré l’Inde.
Après déjà 9 mois de voyages, on parvient en Inde. Et on commence par le Rajasthan.

Problème 1 : Effectivement, c’est sale. Mais les indiens n’ont pas encore le réflexe de chercher une poubelle, il y en a rarement de toutes manières. Les détritus finissent par terre, en attendant d’être chassés par la mousson ou ramassés par des éboueurs. Parce qu’il y a des éboueurs, mais on est bien loin du camion-poubelle. Là, c’est avec deux bout de cartons qu’il faut ramasser les déchets avant de les transporter sur un dos déjà bien courbé jusqu’à une benne ou une charrette. Certes, ça n’empêche pas que la saleté est vraiment ennuyante; surtout dans les grands villes où l’on est obligé de constamment regarder par terre. C’est surtout triste dans les villages ou dans la nature, de voir les indiens gâcher indifféremment l’environnement. C’est triste aussi de se dire que l’on s’habitue. On s’amuse à compter sur les doigts d’une main les poubelles à certains endroits, on s’étonne de ne pas trouver de papiers dans les lieux touristiques. Ce qui nous amène au second problème.

Problème 2 : L’Inde est habitué aux touristes, pas aux voyageurs. Donc c’est totalement normal qu’un étranger paye (beaucoup) plus cher qu’un indien pour un lieu touristique, pour eux bien sûr. Pour nous, c’est lassant, fatiguant et énervant. On finit par sauter des monuments car le prix exorbitant nous rebute, souvent le prix d’un repas ou d’une nuit pour deux personnes pour nous contre le prix d’une bouteille de soda pour les indiens. L’astuce, la carte d’étudiant qui fait normalement diminuer un peu le prix. Et puis, pas la peine de payer le ticket photo en plus, les portables sont souvent autorisés gratuitement à l’intérieur.

Problème 3 : Les tuktuk. La plus belle arnaque d’après les blogs. Oui ils sont énervant ces chauffeurs à vous agresser dès votre sortie de la gare ou de votre hôtel. Les prix sont bien sûr gonflés pour les touristes, il faut savoir négocier. S’éloigner du tuktuk en refusant, rien que marcher dix mètres fera baisser le prix. Mieux encore, prendre le bus, le métro ou même marcher. En trois mois en Inde, on a seulement pris le tuktuk deux fois.

Problème 4 : Les vendeurs qui insistent pour receler leur marchandises, soit-disant en forçant la main. Un problème bien difficile à cerner, si vous ne voulez pas achetez quelque chose, n’achetez pas, point. A noter que c’est la même chose en Thaïlande par exemple, dans les coins touristiques. Quelques fois, les vendeurs proposent plusieurs fois pour êtres sûrs que nous ayons bien comprit ce qu’ils vendent, un peu de gentillesse dans le monde de la vente. Il faut également penser à vérifier le MRP (Maximum Retail Price) indiqué sur les paquets ou bouteilles, c’est le prix maximum que les vendeurs peuvent demander.

Problème 5 : La mysoginité des indiens. Seulement dans le Nord du pays, c’est à dire le Rajasthan et les régions autour d’Hyderabad et Calcutta. Alors oui les femmes sont clairement inférieures aux yeux de la gente masculine. Mais il vaut mieux rire de leur désarrois quand je leur parle ou paye que de s’en offusquer.

Problème 6 : La pauvreté. C’est vrai que c’est assez dur de voir des indiens dans la rue, dormir par terre et souvent avec des enfants en bas âge. Ils traînent dans les gares et dans les grandes villes. Les femmes portent leur enfant et réclamé de l’argent pour manger. Les enfants courent après nous, en bandes; tentent de nous prendre la main et de nous amadouer avec de grands sourires. On refuse gentillement, souvent les locaux d’une autre caste leur demande de partir quand ils refusent de nous laisser tranquille. L’Inde est un pays pauvre, et c’est souvent dur pour nous occidentaux privilégiés de se retrouver face à un tel degré de pauvreté.

Problème 7 : La nourriture. L’eau, toujours en bouteille fermée ou avec une pastille chlorée. Pour la nourriture à proprement dit, n’écoutez pas toujours les guides papiers qui vous éloignent des petits restaurants de rue si vous avez déjà voyagé plusieurs mois. Les thalis, biryanis, … du restaurant au coin de la rue sont bien meilleurs et bien moins chers que ceux des restaurants « classes », les portions sont souvent plus importantes également. Ces plats de tout les jours sont aux alentours de 100 roupies, 40 pour le moins cher, 130 le plus onéreux que l’on ait testé.

En outre, la plupart de ces problèmes sont facilement évités quand on voyage comme un local. C’est à dire, oubliez les taxis avec la clim, les trains en AC, les ballades en ville avec le Lonely Planet à la main, … Et surtout il faut prendre ça avec le sourire et prendre un peu de recul. Il y aura forcément des moments où on s’énerve. Après tout, le pays ne va pas changer de si tôt, et une fois qu’on prend ça de bonne humeur les gens sont beaucoup plus enclin à vous laisser en paix et l’aventure en Inde est beaucoup plus plaisante. Et encore une fois, ces problèmes se limitent grandement au Nord. Le reste de l’Inde…

Le Laddakh est magnifique, au Nord-Ouest du pays, coincé entre le Népal, Pakistan et Chine. La mentalité là-bas est totalement différente du reste du pays. Pareil dans le Nord-Est. Le Sud de l’Inde est à couper le souffle. Et les gens sont ouverts, souriants, toujours près à aider. Forcément c’est toujours un peu sale, bruyant et les chauffeurs de tuktuk n’ont pas changé. Mais en général, on vous demandera plus de selfies qu’on essayera de vous vendre un saree. Vous entendrez plus de « where are your from ? » que de « tuktuk ? tuktuk ? ». L’Inde est un pays qui se vit plusieurs mois ou plusieurs voyages. On le vit, on ne visite pas. C’est un pays de plus d’un milliard d’habitants, avec un tourisme intérieur bien plus important que le tourisme extérieur. Les prix des logements et restaurants dans les lieux touristiques sont d’ailleurs gonflés pour et à cause des riches touristes indiens.

Oubliez les blogs, oubliez ceux qui vous disent de ne pas aller en Inde. Et si vous y allez, ne restez pas dans le Rajasthan, l’Inde a tellement d’autres choses à offrir qu’un petit bout de désert beaucoup trop habitué aux touristes de passage.

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