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De My Son à Dalat, l’enchaînement des galères.

On reprend notre itinéraire qui nous fait passer dans des rizières d’un vert incroyable, le soleil est enfin avec nous. On avance de quelques kilomètres seulement avant de faire une pause déjeuner où l’on apprend que la route que l’on comptait prendre est en vraiment mauvais état; demi-tour donc.

.On déniche un semblant de coin que l’on croyait tranquille pour camper. Rassasiés et un sac remplit de manioc fraîchement déraciné, on se prépare pour la nuit. 

Mais c’était sans compter sur la police locale qui, comme sur Cat Ba, refuse que l’on campe. Après une bonne demi-heure à se fixer tous dans le noir, un officier parlant un semblant d’anglais arrive pour nous demander de le suivre au poste de police. Quelques questions et verres de thé plus tard et nous voilà en train de dérouler nos sacs de couchages dans la salle de conférence du commissariat au pied d’un buste d’Hô-Chi-Minh

Après cette bonne nuit au chaud, au sec et en sécurité, on quitte nos hôtes vers sept heures du matin; direction plein Ouest pour rejoindre la route d’Hô-Chi-Minh. A mesure qu’on se rapproche de la fameuse route, le paysage devient plus montagneux et sauvage. La route semble traverser la jungle tropicale. On redescend sur un barrage qui forme un immense lac inattendu dans lequel montagnes et soleil se reflètent. 

La montée reprend de plus belle. Et après un déraillement de Tango Charlie, on s’élève jusqu’à une cascade au pied de laquelle on découvre la disparation de la veste contenant passeports et portefeuille. Multiples aller-retours, montée-descentes sur la route, il faut s’avouer clandestins.

On continue donc à avancer. Tango Charlie re-déraille plusieurs fois et Rantanplan tombe deux fois en panne d’essence avant que l’on ne rejoigne la prochaine ville. Le gérant de notre hôtel nous guide gentillement jusqu’au poste de police et va même jusqu’à traduire pour nous notre déclaration de vol.

La route pour Dalat se déroule avec presque autant de surprises. La route est de piètre qualité, il faut ralentir pour slalomer entre les nids de poule; et s’arrêter pour remettre la chaîne de Tango Charlie qui ne supporte pas les chocs. Un autre arrêt improvisé pour resserrer le guidon de Rantanplan qui n’arrive plus à tenir la roue avant droite. La route ne s’améliore pas, et le soleil a décidé de nous faire fondre; on est obligé de s’arrêter tant il fait mal.

Un court repos avant de repartir sur cette route bossue et trouée. Enfin on quitte la montagne, le bitume redevient plat. On remonte pourtant sur les dix derniers kilomètres pour découvrir la ville de Dalat et son paisible lac. Nichée dans les hauteurs, il fait presque frais après la chaleur accablante de la journée.